Enseignement à un samouraï

Enseignement à un samouraï
Maître Daichi au samuraï Kikuchi

(à son ordination de Bodhisattva)



Si à propos du problème fondamental de la vie et de la mort, vous voulez éclairer votre lanterne et avoir une certitude, il faut en premier lieu vous référer à Mujo (Impermanence) Bodai Shin (Esprit d'éveil) : la Sagesse inégalée du Bouddha.

Que signifie Bodai Shin ? C'est l'esprit qui profondément observe mujo.
Mujo, c'est-à-dire l'impermanence, l'éternel changement de toutes choses.
De tout ce qui vit, soumis aux actions antagonistes et complémentaires des deux pôles yin et yang, en chaque point de l'espace entre le ciel et la terre, rien n'échappe au changement et à la mort.
Mujo ne cesse pas un instant de vous épier, et il passe à l'attaque brusquement, avant que vous vous en rendiez compte.
C'est pourquoi le sutra dit : « Cette journée s'achève, avec elle doit finir votre vie.
Voyez, par exemple, la joie naïve du poisson dans la flaque d'eau, une joie pourtant bien menacée. »

Vous devez vous concentrer, et vous consacrer entièrement à chaque journée, comme si vous deviez éteindre le feu dans vos cheveux.
Vous devez rester prudent, vous souvenir de mujo et ne jamais faiblir.
Si votre vie vient à tomber sous la coupe de l'horrible démon de mujo, vous avancerez solitaire sur le chemin de la mort, sans compagnon, sans même la présence de votre femme et de votre famille.
Même les palais ou la couronne royale ne pourront suivre votre corps mort.
Votre conscience compliquée qui s'attachait si fort et jouissait tant de l'amour charnel et des réalisations matérielles, se changera en une forêt de lances ou en une montagne de sabres.
Et toutes ces armes vous provoqueront bien des troubles et vous attireront bien des revers à mesure que vous cheminerez.
Elles briseront votre corps en pièces et déchiquetteront votre âme.
A la fin, descendant dans les profondeurs obscures de l'enfer, entraîné par le poids et la nature de votre karma, vous renaîtrez dix mille fois ou mourrez dix mille fois, empruntant la forme de tous les démons infernaux qui correspondent aux divers aspects de votre mauvais karma.
Chaque jour, vous souffrirez pour toute l'éternité.


Donc, si comprenant tout cela, vous demeurez pourtant incapable de réaliser que votre vie n'est rien de plus qu'un rêve, une illusion, une bulle, une ombre, à coup sûr vous finirez par regretter cette souffrance éternelle subie dans le domaine terrifiant de la vie et de la mort.
Celui qui cherche l'authentique voie spirituelle du Bouddhisme doit commence par enraciner mujo dans son c½ur.

Votre mort viendra bientôt : n'oubliez jamais cela d'un instant de conscience à l'autre, d'une inspiration à une expiration.
Si vous n'êtes pas ainsi, alors vous n'êtes pas réellement celui qui cherche la vraie Voie. (...)


Où donc dans votre corps et dans votre esprit se trouve la vraie méthode pour vivre et pour mourir ?
Vous devez comprendre de quoi il s'agit par une profonde introspection.
Si vous trouvez votre ego spécial, je vous en prie, montrez le moi.
Si vous ne le trouvez pas, alors, je vous en prie, continuez à le garder et à le protéger fidèlement et oubliez donc celui qu'habituellement vous montrez à votre entourage.

Très naturellement alors, au bout de quelques mois, de quelques années, vous pourrez automatiquement et inconsciemment pratiquer gyodo (la vraie Voie) avec tout votre corps, sans effort de volonté.

Gyodo ne signifie pas seulement pratiquer une voie particulière ou se plier à des cérémonies spéciales, mais c'est s'appliquer à toute chose dans la vie quotidienne ; marcher, se tenir debout, s'asseoir, se coucher, même se laver le visage, se rendre aux toilettes, etc.

Tout doit devenir gyodo, le fruit du vrai Zen.
Toutes les actions vivantes du corps et tous les gestes doivent s'harmoniser avec la signification du vrai Zen. Votre conduite et tous vos comportements doivent suivre l'ordre cosmique, inconsciemment, naturellement, automatiquement.


Sur la voie du Bouddha, vous devez conserver l'espérance éternellement, sans jamais vous lasser, que ce soit dans le bonheur ou dans l'infortune.

Alors, vous serez l'un de ceux qui sont authentiquement responsables de la Voie.

Voici le point le plus important :

C'est en nous-mêmes que se trouve la racine, l'origine de la vie et de la mort.


Voici le site où j'ai trouvé ce texte (il est aussi dans Zen et Arts Martiaux): http://dojo.zen.lyon.free.fr/index_fichiers/Page929.htm


Lui c'est Taisen Deshimaru qui a écrit ZEN ET ARTS MARTIAUX si jamais pour vous documenter ...

Je sais on dirait un peu que c'est une secte mais...

# Posté le jeudi 21 mai 2009 11:14

Modifié le samedi 23 mai 2009 05:00

Je ne critique pas non, je constate !

La GLOBALITE des couleurs, des articles, des musiques, des images de mon blog, forme un ensemble difficilement digérable... =P

Clubbed to death, écouté des milions de fois, mieux avec les basses plus prononcées et un peu moins de violon, mais toujours la même impression, toujours le même arrêt du mental, toujours la même détermination à ressembler le plus possible à l'Esprit du Jûdô, à la forme du Jûdô, toujours ces mêmes sons qui semblent émerger du chaos, toujours le même espèce de mal-être en l'écoutant, toujours les mêmes souvenirs, sensations qui semblent venir d'une autre vie...

Désolée mais j'ai pas pu m'empêcher...

Mauvaise influence des exposés en Italien...

THIS IS KARATE ~ 空手 ~

Jai ho dans Slumdog millionnaire...


Petit rappel de mes citations préférées...<3

Le Judo, c'est la voie de l'utilisation de la meilleure efficacité de la force du corps et de l'esprit. La pratique du Judo c'est, par des exercices d'attaque et de défense, cultiver et fortifier le corps, acquérir la quintessence de cette voie. Et à partir de là, parachever le corps et contribuer au monde, ce qui est le but ultime de l'entraînement au Judo. "Citation de Maître Kanô"

"Zazen" En Europe on pense que l'acte de penser est la base du comportement humain. La pensée emplit toute la vie, personne ne conçoit la non-pensée. Zazen n'est ni une pensée ni une non-pensée, il est au-delà de la pensée. Pensée pure sans conscience personnelle, en harmonie avec la conscience de l'univers.

« Cette journée s'achève, avec elle doit finir votre vie. Voyez, par exemple, la joie naïve du poisson dans la flaque d'eau, une joie pourtant bien menacée. » Vous devez vous concentrer, et vous consacrer entièrement à chaque journée, comme si vous deviez éteindre le feu dans vos cheveux.

Le Judo est tant un art de combat qu'une éducation physique mais tous ses principes sont applicables à la vie en société.

"L'esprit sans entrave (mushin) pénètre les merveilles de la nature.Le non-agir est au plus profond de l'esprit de changement..."
Katsu Kaishû

Caligraphie offerte à Kanô Jigorô pour le remercier d'une démonstration de koshiki-no-kata...

" La voie du Judo est une aspiration verticale qui conduit le Judoka à une élévation de lui-même et du même coup, à une spiritualisation du rapport qu'il entretient avec l'ensemble de la réalité."

Bernard Wirz
Je ne critique pas non, je constate !

# Posté le samedi 16 mai 2009 11:30

Modifié le samedi 23 mai 2009 04:59

Tout est fini entre nous.

Tout est fini entre nous.


Radio monoprix
Susurre mon prénom
Les samedi midi
Mes sourires offset
Font déborder
Votre boîte aux lettres
Cora et shopi
feront de ma vie
Un produit fini,
Fini. Tout est fini
http://www.youtube.com/watch?v=Xkw9dYpmjPg


J'ai du chien, un oeil et des fusains
Un joli timbre, une exquise nature
Et puis tel libère, de l'ordre, en veux tu en voila
Mais qu'en ferais-je si toi tu n'en veux pas

En attendant dedans mon bloc
Patiemment je répertorie, je note
Le temps passé à mon trésor à masser
Qu'en ferais-je si toi tu n'en veux pas

Le temps passé à mon trésor à masser
Qu'en faire des lors que toi tu n'en veux pas
Tout jeter à la mer ou me couper un doigt

http://www.youtube.com/watch?v=Ch87tDv3lD4

Je découvrais l'exil et ses vicissitudes, ce parfum de solitude, ce petit air entêtant.

Plus tard considérant l'évident, le convenu
De phrases sybillines en sous entendus
Las d'échoué ma mie à flanc certitudes,je meublais ma solitude
Ce mal que ne guérit nul onguent.

Des fois pour faire semblant je m'occupe, je chante
L'ivresse de n'être rien, la detresse en moins
Etre déjà mort ou bien faire voeux de silence
Qu'on m'explique la différence
depuis 30 ans que j'attends
http://www.youtube.com/watch?v=tX7CcZUvcXY


La mélancolie quoi qu'on en dise
sublime l'heure et les saisons
telles douces-amères friandises
qui n'aurait de douceur que le nom

Ajoutez-y a votre guise
un peu de menthe et de citron
puisse enfin la brise,
les lueurs du couchant
guider sans faillir
hanches et palpitants


# Posté le samedi 04 avril 2009 07:40

Modifié le vendredi 17 avril 2009 04:31

Daniel Borle, son service funèbre. M. Baumann, le pasteur et son discours philosophique sur l'essentiel, la profondeur...

Daniel Borle, son service funèbre. M. Baumann, le pasteur et son discours philosophique sur l'essentiel, la profondeur...
Texte de Mr. Baumann (ET PAS DE MOI !!!)

Service funèbre de Daniel Borle
17 mars 2009, 14 h. – Collégiale de St-Imier



Prédication

Or la foi est la garantie des biens que l'on espère ;
la preuve des réalités qu'on ne voit pas.
Hébreux 11,1

Daniel a choisi un texte biblique qui n'est pas spécialement adapté à notre temps, il fait même plutôt tache. S'accrocher à ce qu'on ne voit pas ! De toute façon, notre temps ne croit pas, il est sûr parce qu'il ne croit que ce qu'il voit. Allez comprendre, mais c'est comme ça. Et ce texte, naïvement, pose peut-être la question : et si nous manquions quelque chose par manque d'épaisseur, par manque de profondeur, ou même par manque d'imprudence. Parce qu'à force de montrer la surface, de la bichonner, d'en effacer les rides et les aspérités, étalés comme un prospectus, plats comme un écran, lisses comme un papier glacé, à force, nous finissons par croire, non, nous finissons par être sûrs que la vie c'est une histoire en deux dimensions et qu'elle se résume à l'épaisseur de la feuille d'un curriculum vitae, qu'elle se résume aux données informatisées sur une carte bancaire ou cumulus.

Le texte qu'a choisi Daniel fait tache ou plutôt il est comme ce caillou qui dépasse de la surface lisse et sur lequel on bute et qui nous rappelle qu'en-dessous, il a aussi quelque chose. Que la vie ne se limite pas seulement à la lumineuse surface de nos apparences proprettes, mais que c'est une pâte épaisse, humaine avec ses ombres et ses lumières, ses impasses et ses voies royales. A force de ne croire que ce que l'on voit, on en est devenu aveugle. Imaginez le portrait que ferait cet aveugle moderne, sûr de tout, inconditionnel de la surface, le portrait qu'il ferait de Daniel : un homme rivé sur son vélo, et dans sa cécité maladive il dirait peut-être même, rivé sur son vélo cheveux aux vents, plongé dans son couloir de piscine, obstinément dans le même, fourré dans et autour de son église, accro du chalet de l'union, calviniste des corvées, randonneur montre en mains, profanateur des pauses cafés... et peut-être qu'avec son arrogance de technicien de surface notre temps ajouterait, sûr de lui et rotant de bonheur : pauvre Daniel, pauvre Daniel.

Mais, vous avez entendu ce que le texte choisi par Daniel vient de rajouter à ce commentaire imbécile ? Deux mots en écho à « pauvre Daniel »: pauvre monde ! Pauvre monde qui reste en surface, qui se prive de cette profondeur, sans racines, sans ailes, qui ne voit plus l'homme ancré dans la terre avec les yeux dans les étoiles. Parce que derrière le vélo, derrière les corvées et les longueurs de bassin, derrière tout cela il y a cet incroyable engagement, cette indéfectible loyauté, cette étonnante ouverture, cette solide amitié, cette pâte épaisse, rude, humaine et musicienne tout simplement. Voulez que je vous dise ?

Daniel c'était un remueur de thé. Oui.
Vous ne comprenez pas ?
Je vous lis un texte qu'il aimait bien :

« Il arrive qu'on ne trouve pas son thé très bon. La cause, on la découvre en arrivant au fond de la tasse : le sucre. Il y était. Mais justement, il était au fond. Il aurait fallu remuer ! Peut-être ce qui manque à notre vie est aussi resté au fond. Notre vie n'a pas la saveur qu'elle pourrait avoir parce que nous n'avons pas eu l'idée d'aller en profondeur. Si on essayait de remuer la vie, doucement, jusqu'à ce que le goût de Dieu monte un peu dans nos journées. »

Bien sûr un remueur de thé qui avait ses manies et ses marottes qui pouvaient même tendre à une certaine rigidité. On ne remue pas le thé n'importe comment et après, on lave sa tasse ! Il ne tenait pas salon de thé, d'ailleurs plus personne ne boit de thé, et en plus il n'était pas du genre tricot et papotage. Non ce qui l'intéressait c'était ce goût de Dieu qui remonte quand on creuse la vie. D'ailleurs c'était un excellent remueur de thé avec les enfants. Et ils le lui rendaient bien. Mais creuser la vie, ce n'est pas si simple, parce que si tu ne veux que croire ce que tu vois, je peux te dire, tu seras vite découragé. Pour creuser la vie, il faut comme une incroyable espérance, il faut comme un regard intérieur, il faut comme un enracinement d'éternité, comme une garantie sur parole, comme une expérience du goût d'humanité et d'amitié.

« Or la foi est la garantie des biens que l'on espère ; la preuve des réalités qu'on ne voit pas. »

Mais la bonne nouvelle c'est que notre temps s'il est sûr et qu'il ne croit que ce qu'il voit, il doute aussi. Oui, chaque conversation de bistrot vous le confirmera. « Faut pas se fier aux apparences. » Et d'une certaine manière, mais presque autrement, le texte qu'a choisi Daniel le dit aussi. La nuance c'est que le « faut pas se fier aux apparences » bistrotier a la désagréable tendance à insinuer qu'en profondeur c'est pire et que les aspérités de la surface promettent quelques détails nauséabonds. Ne confondons pas remuer le thé avec remuer le mot de Cambronne. Pauvre monde ! et grossier en plus. Par contre, le « faut pas se fier aux apparences » du texte insinue qu'en profondeur y'a un goût d'humanité, quelque chose d'aimable, il y a comme un trésor, des relents d'éternité. Comme le dit le poète :

Ainsi certains jours paraît une flamme à nos yeux
A l'église où j'allais on l'appelait le Bon Dieu
L'amoureux l'appelle l'amour
Le mendiant la charité
Le soleil l'appelle le jour
Et le brave homme la bonté.

Et tous ceux qui ont connu Daniel vous le confirmeront : derrière les aspérités de surface, c'était du solide.

Pourquoi continuer à polir nos vies, repérons les aspérités, elles nous happent vers les profondeurs, elles nous mettent en bouche les mots du texte :
« Or la foi est la garantie des biens que l'on espère ; la preuve des réalités qu'on ne voit pas. »

Retournons à la vie comme de joyeux remueurs de thé.

Amen.

# Posté le samedi 21 mars 2009 16:05